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Arrêt cardiaque : que faire dans les 3 premières minutes ?

Chaque minute sans massage cardiaque réduit les chances de survie de 10%. En France, moins de 8% des victimes d’arrêt cardiaque survivent, non pas parce que les gestes sont compliqués, mais parce que les témoins n’osent pas agir. Voici ce que vous devez faire, étape par étape.
gestes et conseils premiers secours

Gestes et premiers secours

5 min de lecture

Sommaire

Un arrêt cardiaque, ce n’est pas un malaise. C’est le moment où le cœur cesse brutalement de pomper le sang et donc d’alimenter le cerveau en oxygène. Sans intervention dans les premières minutes, les lésions cérébrales deviennent irréversibles. 

Sans geste dans les 10 minutes, les chances de survie sont quasi nulles.

Ce qui tue, dans la plupart des cas, ce n’est pas l’arrêt cardiaque lui-même : c’est l’attente.

Reconnaître un arrêt cardiaque

Avant d’agir, encore faut-il identifier correctement la situation. Un arrêt cardiaque se reconnaît à trois signes simultanés :

La victime ne répond pas

Elle ne réagit pas quand vous lui parlez ou lorsque vous lui tapotez sur l’épaule. Elle est inconsciente.

La victime ne respire pas normalement

Elle ne respire plus, ou présente une respiration agonale — des gasps, des inspirations profondes et irrégulières, souvent accompagnées de bruits étranges. Ce type de respiration est souvent confondu avec une respiration normale. C’est une erreur fréquente et dangereuse.

La victime est inerte

Aucun mouvement, aucune réaction aux stimulations.​

Si ces trois signes sont présents, n’attendez pas. Chaque seconde compte.

Minute 1 - Alerter

La première chose à faire n’est pas de vous précipiter sur la victime. C’est d’alerter les secours.

Appelez le 15 ou le 18, si vous êtes seul, activez le haut-parleur de votre téléphone pour garder les mains libres pendant que vous parlez. Si vous n’êtes pas seul, désignez quelqu’un précisément, pointez-le du doigt et dites-lui : « Vous, appelez le 15 maintenant. » Sans désignation claire, chacun croit que l’autre va le faire.

Ce que vous devez dire au téléphone :

  • Votre localisation précise
  • Ce qui s’est passé
  • L’état de la victime
  • Ce que vous êtes en train de faire

Ne raccrochez pas ! L’opérateur va vous guider et rester avec vous jusqu’à l’arrivée des secours. Laissez-le parler.

Minute 2 - Masser

Dès que l’alerte est donnée, commencez le massage cardiaque. Ne perdez pas de temps à chercher un pouls, c’est difficile à détecter même pour les professionnels, et chaque seconde perdue aggrave le pronostic.

Comment pratiquer le massage cardiaque :


Allongez la victime sur le dos, sur une surface dure. Placez la paume de votre main dominante au centre de la poitrine, sur le sternum. Posez votre deuxième main par-dessus, doigts entrelacés. Gardez les bras tendus, le dos droit.

Appuyez fort et vite. Les compressions doivent être profondes, au moins 5 centimètres, et rythmées à environ 100 à 120 compressions par minute. C’est plus rapide qu’on ne l’imagine : pensez au rythme de la chanson Stayin’ Alive des Bee Gees, qui correspond exactement à ce rythme.

Relâchez complètement entre chaque compression pour laisser le cœur se remplir. Ne lâchez pas vos mains, mais décompressez.

Faut-il faire du bouche-à-bouche lors d’un arrêt cardiaque ?

Non, ce n’est pas obligatoire. Les recommandations actuelles privilégient le massage cardiaque seul pour les non-professionnels, surtout si vous n’êtes pas formé ou si vous n’êtes pas à l’aise avec le bouche-à-bouche. Un massage cardiaque sans bouche-à-bouche vaut infiniment mieux que pas de massage du tout.

Minute 3 - Défibriller

Si un défibrillateur automatisé externe (DAE) est disponible à proximité, envoyez quelqu’un le chercher, sans interrompre le massage cardiaque.

Le DAE est conçu pour être utilisé par n’importe qui, sans formation médicale. Il parle. Il guide. Il analyse lui-même le rythme cardiaque et ne délivre un choc que si c’est nécessaire.

Vous ne pouvez pas faire de mal avec un DAE.

Comment l’utiliser :
Ouvrez l’appareil, il s’allume automatiquement ou via un bouton. Suivez les instructions vocales. Placez les électrodes comme indiqué sur les schémas collés dessus. Ne touchez pas la victime quand l’appareil analyse ou délivre un choc. Reprenez le massage immédiatement après le choc, ou si l’appareil indique qu’aucun choc n’est nécessaire.
Alternez massage cardiaque et analyse par le DAE jusqu’à l’arrivée des secours.

Soyez prêt à agir le jour où vous êtes témoins d’un arrêt cardiaque

Les erreurs les plus fréquentes

Attendre que quelqu'un d'autre agisse

C'est l'effet spectateur, plus il y a de monde, moins chacun se sent responsable d'agir. Désignez toujours quelqu'un précisément.

Avoir peur de mal faire

Un massage cardiaque imparfait vaut toujours mieux que pas de massage. Vous ne pouvez pas aggraver la situation d'une personne dont le cœur est arrêté. Confondre respiration agonale et respiration normale. Si vous avez un doute, massez. Le risque de masser quelqu'un qui n'en a pas besoin est infiniment inférieur au risque de ne pas masser quelqu'un qui en a besoin.

S'épuiser seul

Le massage cardiaque est physiquement éprouvant. Si vous n'êtes pas seul, alternez toutes les 2 minutes pour maintenir l'efficacité des compressions.

Penser que le DAE va électrocuter la victime

C'est faux. Le défibrillateur analyse la situation et ne délivre un choc que si le rythme cardiaque le justifie. Il est conçu pour des non-professionnels.

Ce qu’il faut retenir

Face à un arrêt cardiaque, trois mots suffisent à résumer ce qu’il faut faire :

Alerter – Masser – Défibriller

Dans cet ordre, sans attendre, sans hésiter. Vous n’avez pas besoin d’être médecin. Vous n’avez pas besoin d’être calme. Vous avez juste besoin d’agir, parce que dans les trois premières minutes, vous êtes le seul secouriste qui compte vraiment.

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